Label Bas Carbone en Grandes Cultures : le guide complet
Sommaire
Comment avoir un contrôle phyto réussi
Tout savoir sur le Label Bas Carbone (LBC) en Grandes Cultures

Lancé en 2018 par le ministère de la Transition écologique dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), le Label Bas-Carbone (LBC) vise à rémunérer les exploitants agricoles pour leurs efforts de réduction des émissions (RE) de gaz à effet de serre (GES) et de séquestration du carbone dans les sols. Ce guide vous explique comment obtenir le Label via la méthode « Grandes Cultures », un programme d’action sur 5 ans. ISAGRI vous propose ce guide complet pour tout savoir sur le sujet : cadre, coûts, calculs, étapes, certification…
| En résumé : ce qu'il faut retenir du Label Bas-Carbone en Grandes Cultures Le principe : Le Label Bas-Carbone (LBC) est un dispositif volontaire sur 5 ans qui vous rémunère pour vos réductions d'émissions de gaz à effet de serre et le stockage de carbone dans vos sols (gain moyen estimé à 1,27 t CO2 eq. /ha/an). Les leviers d'action : Ils reposent sur 3 piliers : l'optimisation de la fertilisation azotée, la réduction des énergies fossiles (carburant, séchage) et l'augmentation de la biomasse (couverts végétaux). La mise à jour 2025 ajoute 3 nouveaux leviers : le chaulage, la plantation de miscanthus et la substitution par des protéines végétales locales. La rentabilité : Le prix de la tonne de CO2 se négocie entre 35 € et 60 €. Pour maximiser vos revenus, privilégiez un projet collectif (mutualisation des frais d'audit) et valorisez vos « co-bénéfices » (biodiversité, eau, air) auprès des acheteurs. L'exigence clé : Vous devez prouver l'additionnalité de vos actions (vos pratiques vont au-delà de la réglementation) et utiliser un outil de calcul certifié. Sans un historique précis de vos pratiques sur les 3 dernières années, un rabais « générique » ampute automatiquement vos crédits de 10 %. La solution : Centraliser l'ensemble de vos données (assolements, doses d'azote, rendements) dans un logiciel de gestion parcellaire comme Geofolia. Grâce à la liaison avec la plateforme Carbon Diag, vos données s'importent sans aucune ressaisie. Cela vous permet d'utiliser le scénario « spécifique » (0 % de rabais), de justifier facilement vos pratiques lors des audits et de maximiser votre rémunération carbone sans alourdir votre charge mentale. |
Méthode Grandes Cultures : réglementation et cible

Le Label Bas-Carbone (LBC) est le 1er cadre de certification climatique volontaire en France. Créé en 2018 et piloté par le ministère de la Transition écologique, cet outil vise à certifier des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de séquestration du carbone réalisés sur le territoire national.
Le dispositif s’insère directement dans la Stratégie Nationale Bas-Carbone(https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/strategie-nationale-bas-carbone-snbc) (SNBC), qui définit la feuille de route française pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
➡️ Pour le secteur agricole, qui représente environ 19 % des émissions nationales et 88% des émissions de protoxyde d’azote, l'objectif de la SNBC est de diviser ces émissions par 2 d'ici 2050.
La méthode « Grandes Cultures », approuvée en juillet 2021 et mise à jour en février 2025, constitue le guide méthodologique spécifique à ce secteur. Elle définit les règles de calcul et de vérification pour quantifier les crédits carbone générés par un changement de pratiques.
Quelles sont les exploitations agricoles éligibles ?
Pour être éligible à cette méthode, votre exploitation doit répondre aux critères suivants :
- Périmètre géographique : le projet doit se situer en France métropolitaine.
- Historique : vous devez justifier la présence de cultures éligibles sur vos 3 dernières déclarations PAC.
- Atelier de production : l'exploitation doit posséder un atelier de grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux, légumineuses, cultures industrielles (betterave, pomme de terre…), cultures fourragères assolées, cultures légumières de plein champ, etc.).
- Gestion de l'eau : si vous irriguez, vous devez prouver que vous respectez les volumes alloués par votre Organisme Unique.
- Conformité : l'exploitant doit respecter la Directive Nitrates (notamment le plafond de 170 kgN/ha/an pour l'azote organique sur SAU) et la conditionnalité de la PAC (absence de rabais sur les aides pour non-respect des BCAE).
- Additionnalité : le projet doit démontrer que les actions mises en œuvre vont au-delà de la réglementation en vigueur et n'auraient pas pu être financées sans le soutien du marché du carbone.
- Bilan climatique positif : le calcul final de votre projet doit démontrer que le volume de vos émissions évitées et du carbone stocké est supérieur à zéro.
Projet individuel, collectif, mandataire : quelles différences ?
L’engagement dans la méthode « Grandes Cultures » oblige à choisir une structure de portage pour le projet. Ce choix détermine qui assume la charge administrative et comment les coûts de certification sont répartis.
Voici la synthèse de ces modèles pour faciliter votre choix :
▶ Via un mandataire (délégué) : l'agriculteur reste le porteur du projet, mais délègue la technique et l'administratif à un tiers (conseiller, centre de gestion, etc.) qui agit en son nom par convention
▶ Échelonnement : de nouvelles fermes peuvent rejoindre le collectif jusqu'à 1 an après notification.
• Technique : réalise les diagnostics (initial et final).
• Suivi : collecte annuelle des données (factures, cahiers de culture).
• Commercial : recherche des financeurs et vend les crédits.
▶ Avantage : divise drastiquement le coût de la certification par tonne de CO2. Mutualisation très intéressante pour les fermes ayant peu de leviers.
Leviers pour réduire vos émissions et stocker du carbone

Le Label Bas Carbone en grandes cultures comprend 3 piliers d’actions et n'impose pas de changements de pratiques spécifiques.
Pour garantir la solidité du projet, la méthode impose de comptabiliser systématiquement et simultanément l'impact de chaque levier sur les émissions (gaz à effet de serre émis) et sur le stockage (carbone séquestré), afin d'éviter tout effet de report négatif.
Voici la synthèse des leviers activables sur votre exploitation et leur potentiel de réduction chiffré :
(Optimiser l'efficience et réduire le besoin)
▶ L’objectif est de réduire l’usage de l’azote minéral, responsable de fortes émissions lors de sa fabrication (amont) et de son épandage (émissions directes de N2O).
▶ Amélioration de l'efficacité : utilisation d'inhibiteurs de nitrification, enfouissement des apports, remplacement de l'urée par de l'ammonitrate (pour limiter la volatilisation).
▶ Introduction de légumineuses : intégration de pois, féverole, soja ou lupin dans la rotation pour fixer l'azote atmosphérique.
▶ -20 % d'abattement forfaitaire sur les émissions directes (via inhibiteurs).
▶ De -2000 à -2200 kg eq. CO2/ha (remplacement d'un blé par une légumineuse).
▶ + Gain sur les besoins de la culture suivante :
• Précédent soja, pois : environ -200 kg eq. CO2/ha
• Précédent luzerne : environ -1990 kg eq. CO2/ha
• Précédent prairie temporaire mixte avec trèfle : environ -1600 kg eq. CO2/ha
(Mécanisation, irrigation et séchage)
▶ Performance du matériel : éco-conduite, passage au banc d'essai moteur, autoguidage RTK.
▶ Irrigation et séchage à la ferme : révision / remplacement des pompes, séchage à la biomasse ou séchage naturel en cribs (maïs).
▶ Gain d'environ 13 L/ha de GNR avec le semis direct, -20 % de carburant via l'éco-conduite et -2 à 8 L/ha grâce au RTK sur betterave.
▶ Jusqu'à -460 kg eq. CO2/ha en optimisant le séchage et l'irrigation. Révision ou changement de la pompe pour l’irrigation : -0,29 kWh/m3
(Favoriser les entrées de biomasse)
▶ Gestion des résidus et des amendements : restitution des pailles / résidus, apport de Matières Fertilisantes d’Origine Résiduaire (MAFOR : effluents d’élevage, composts, déchets urbains et industriels, digestats…).
▶ Prairies temporaires : introduction ou allongement de prairies (luzerne, trèfle).
• Apport de compost : +1835 kg eq. CO2/ha/an.
• Apport de fumiers : +1101 kg eq. CO2/ha/an.
• Apport de lisiers : +367 kg eq. CO2/ha/an.
• Apport de boues d’épuration : < 367 kg eq. CO2/ha/an.
▶ +1709 kg eq. CO2/ha/an avec l'insertion de 3 ans de prairie.
➡️ L'effet combiné peut atteindre +675 kg eq. CO2/ha/an sur les 30 premiers centimètres du sol.
Nouveaux leviers dans la version 2025 du LBC
La mise à jour de la méthode « Grandes Cultures » en février 2025 a introduit 3 nouveaux leviers destinés à élargir le potentiel de décarbonation des exploitations :
▶ En relevant le pH vers 6,8, on améliore l'activité biologique du sol et on réduit les pics d'émissions de N2O (dénitrification).
▶ Conditions : calcul annuel qui déduit les émissions liées à la fabrication et au transport de l'amendement.
▶ Compte tenu de sa durée de vie (20 ans), la méthode autorise exceptionnellement la comptabilisation de crédits carbone anticipés sur cette période.
▶ ⚠️ Contraintes : limité à 20 % de l'atelier grandes cultures (pour le maintien alimentaire).
▶ Le crédit (RE Protéines) cible la réduction des émissions en aval de l'exploitation.
1. Crédit généré via la différence de contenu carbone entre le soja importé et la protéine locale.
2. Réduction drastique du besoin en azote minéral sur la parcelle (gain sur la fertilisation).
| 💡 Le conseil ISAGRI L'intégration de ces nouveaux leviers exige une précision accrue dans le suivi des données parcellaires (analyses de pH, rendements réels, contrats de filière…). Pour garder la main sur vos décisions et ne pas vous laisser déborder par l'administratif, l’outil de gestion de parcelles Geofolia vous permet de centraliser vos données sans double saisie, de justifier vos pratiques lors des audits et d'optimiser sereinement votre certification finale. |
Protéger mes aides PAC
Avec Geofolia
Combien rapporte un projet Label Bas Carbone ?

La rémunération de votre projet Label Bas-Carbone dépend du volume de Réductions d’Émissions (RE) certifiées à l'issue des 5 ans. Ce calcul est le résultat de la comparaison entre vos pratiques futures et un état initial, appelé scénario de référence.
La rentabilité réelle de votre engagement est également conditionnée par la démonstration de l’additionnalité du projet et par l’application d’une grille de rabais techniques visant à sécuriser la valeur climatique des crédits.
➡️ Enfin, pour prouver que vos changements de pratiques entraînent bel et bien une réduction des émissions ou une séquestration de carbone, vous aurez besoin d’outils de calcul certifiés conformes à la méthode.
Scénario de référence : spécifique vs. générique
Le gain de carbone d'un projet n'est pas un calcul brut des émissions évitées. Il correspond à la différence entre un scénario « projet » (vos pratiques futures sur 5 ans) et un scénario de « référence » (ce qui se serait passé sans le projet).
Ce choix est l'étape la plus critique du diagnostic initial : il détermine votre volume de crédits certifiables et l'application d'éventuels rabais financiers.
(La solution sans rabais)
🟢 Avantage : le rabais d'incertitude est de 0 %. C’est l’option recommandée pour maximiser votre rémunération.
▶ S'il s'engage à descendre à 160 kgN/ha, le gain portera sur ces 20 kg d'écart, sans aucune décote.
(La solution par défaut)
⚠️ Impact : un rabais automatique de 10 % s'applique sur les crédits générés.
(Nouveauté V2 - 2025)
⚠️ Impact : un rabais automatique de 10 % s'applique également.
▶ Le calcul utilise cet assolement réel, mais applique la consommation GNR nationale et les doses d'azote départementales.
⚠️ Cas particuliers :
▶ « Je suis un Jeune Agriculteur installé depuis moins de 3 ans, comment faire ? »
Vous avez deux options. Soit le spécifique : vous reconstituez l'historique en récupérant les données réelles de votre prédécesseur. Soit le générique : vous utilisez l'assolement moyen de votre région ou celui de votre Plan d'Entreprise (DJA).
▶ « Je suis en cours de conversion vers l'Agriculture Biologique (AB). »
En spécifique, le calcul prendra vos pratiques passées. En générique, vous utiliserez les moyennes régionales « Bio ». Attention : un rabais de 20 % s'applique par défaut sur vos crédits (pour tenir compte des aides à la conversion), sauf si un budget partiel prouve que ces aides ne couvrent pas votre perte de marge.
▶ « Ma surface d'exploitation a évolué récemment. »
Si la surface a changé durant les 3 années de référence, effectuez une moyenne pondérée des surfaces. En cas d'agrandissement en cours de projet (années 1 à 5), les nouvelles parcelles intègrent le calcul si elles correspondent à un système de culture déjà défini (sinon, un nouveau scénario spécifique est nécessaire).
▶ « Que se passe-t-il si mes données météo locales sont manquantes ? »
Par défaut, la méthode utilise les données de la station météo départementale la plus proche. Cependant, pour éviter les rabais d'incertitude sur le stockage de carbone (jusqu'à 2,5 %), l'utilisation d'une station météo sur site ou de données spatialisées précises est recommandée.
| 💡 Le conseil ISAGRI La différence de rentabilité entre un scénario générique (amputé de 10 % de vos revenus) et un scénario spécifique (sans rabais) dépend de votre capacité à fournir 3 ans d'historique de pratiques. C'est ici qu'un logiciel de gestion parcellaire prend tout son sens : toutes vos doses, assolements et consommations y sont déjà tracés, enregistrés et prêts à être exportés pour l'audit, sans aucune recherche dans vos archives papier. |
Additionnalité et grille des rabais du LBC
Pour être certifiés, les gains carbone d'une exploitation de grandes cultures doivent répondre à 2 impératifs :
- l'additionnalité : prouver que le projet a besoin du financement carbone pour exister ;
-
la gestion des incertitudes : appliquer des rabais de précaution sur les volumes calculés.
L’additionnalité est le concept-clé du label : elle signifie que votre projet permet de lever des freins (financiers, techniques ou socioculturels) qui auraient empêché le changement de pratiques sans l’aide du LBC. Le porteur de projet doit suivre un test en 2 étapes pour chaque levier activé :
- Étape 1 - Recensement des aides : vous devez déclarer toutes les aides publiques (hors premier pilier de la PAC) ou financements privés perçus pour les mêmes actions (ex : aides régionales, MAEC, Certificats d'Économie d'Énergie (CEE)).
- Étape 2 - Justification économique : si vous touchez ces aides, vous avez 2 options :
- Réaliser une démonstration économique : via la méthode des budgets partiels, vous prouvez que les aides perçues sont insuffisantes pour couvrir les surcoûts ou les pertes de revenus liés au projet.
- Accepter un rabais forfaitaire : si vous ne pouvez pas réaliser cette démonstration, un rabais systématique de 20 % est appliqué sur les réductions d'émissions générées par les leviers concernés pour écarter tout « effet d'aubaine ».
- ⚠️ Cas particulier des CEE : si vous signez un contrat CEE pour du matériel après le début du projet, un rabais de 20 % s'applique spécifiquement sur les crédits liés aux économies de carburant.
⬇️ Passons maintenant à la grille des rabais.
Il s’agit de garde-fous pour compenser les marges d'erreur des calculs ou les risques futurs. Les rabais correspondent au retrait d’une fraction des bénéfices carbone calculés. Ils sont implémentés mathématiquement via une équation générale qui transforme vos Réductions d’Émissions (RE) brutes en RE certifiables.
| 💡 Pour résumer sur le calcul des rabais ▶ Chaque rabais s'applique à un poste spécifique (ex. : le rabais de non-permanence ne touche que le stockage, pas les économies d'engrais). ▶ Les rabais sont indépendants et s'additionnent ou se multiplient selon une formule : RE certifiable = RE brutes × (1 - frabais*). ▶ Les rabais ne sont appliqués que sur les termes dont la valeur est strictement positive. ➡️ Avec des données très précises en entrée, vous réduisez ces rabais et augmentez donc votre revenu net. *frabais (facteur de rabais) : c'est le pourcentage total de réduction que l'on décide d'enlever (par exemple : 0,10 pour 10 % de rabais). |
Liste des outils de calcul certifiés pour le LBC
L'utilisation d'un outil de calcul certifié conforme par un organisme indépendant accrédité COFRAC est une condition d'éligibilité sine qua non pour tout projet Label Bas-Carbone en grandes cultures.
| ➡️ ✅ Important à noter Depuis 2025, le Groupe ISAGRI compte désormais son outil de référence interconnecté avec ses solutions de traçabilité : Carbon Diag. Certifiée conforme au Label Bas-Carbone, la plateforme officielle d'ISAGRI permet aux agriculteurs d'estimer leur empreinte en moins de 30 minutes, de simuler des plans d'action et de s'interconnecter directement avec Geofolia pour éliminer la ressaisie administrative. |
D’autres outils du marché sont également certifiés ou en cours de certification, tels que :
- MyEasyCarbon
- CarbonExtract
- CarbonFarm
- SysFarm
- C-GES
- Rize
En effet, le marché du carbone est un marché de l'immatériel où la confiance dans la donnée est primordiale. Pour garantir l'intégrité des projets, le ministère de la Transition écologique impose que les outils utilisent les bonnes tables de paramétrage (ex. : facteurs d'émissions des engrais, modèles de stockage de carbone comme AMG ou STICS) et qu'ils produisent des résultats identiques à des « cas-types » étalons.
⚠️ Un outil n'est pas obligatoirement certifié pour l'intégralité de la méthode. Il peut être validé pour :
- les réductions d'émissions (RE) : fertilisation azotée, consommation de carburants, séchage et stockage…
- le stockage de carbone dans le sol : via des modèles de simulation robustes validés en contexte français.
- les co-bénéfices : certains outils calculent également les indicateurs obligatoires liés à la biodiversité, l'eau ou l'air.
Les 11 co-bénéfices du LBC
Dans le cadre de la méthode « Grandes Cultures », les co-bénéfices désignent les impacts positifs d’un projet sur des enjeux autres que la seule réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Contrairement aux crédits carbone, calculés en tonnes d'équivalent CO2 évitées ou stockées, et dont la « quantité » vendue est directement rémunérée sur le marché, les co-bénéfices ne génèrent pas de crédits supplémentaires et ne sont pas payés à l'unité. Cependant, ils représentent la « qualité » du projet. Ils couvrent 3 piliers :
- l’environnement (eau, air, biodiversité)
- le social (conditions de travail)
- l’économie (dynamique territoriale)
➡️ L'intérêt concret de ces co-bénéfices pour l'agriculteur est double :
- Levier de prix : un projet présentant de solides co-bénéfices (comme une forte amélioration de la biodiversité) est bien plus attractif pour les acheteurs. Cela permet à l'agriculteur de négocier un prix de vente à la tonne de CO2 supérieur à la moyenne du marché.
- Maîtrise des risques : le suivi des indicateurs prouve que les leviers activés pour le carbone ne dégradent pas d'autres aspects environnementaux (ex. : vérifier que l'augmentation des couverts n'entraîne pas une hausse excessive de l'usage de produits phytosanitaires).
⬇️ Voici la liste des indicateurs suivis pour évaluer la performance globale de votre exploitation :
Les 5 étapes pour labelliser et auditer votre projet LBC
🟢 Règle : démarche immédiate. Elle s'effectue sans aucun diagnostic carbone préalable.
▶ Si projet collectif : une seule déclaration pour le groupe. De nouveaux agriculteurs peuvent rejoindre le projet jusqu'à 1 an après cette date.
🟢 Additionnalité : le dossier démontre que les changements de pratiques dépendent directement du financement carbone.
▶ Pièces exigées : Déclaration PAC, Directive Nitrates (plafond 170 kg N orga/ha), respect des BCAE, bilan carbone positif.
▶ Aides cumulées : en cas d'aides (Bio, MAEC), une démonstration économique (budgets partiels) est requise. Sans cela, un rabais de 20 % s'applique.
🟢 Enregistrement : la validation déclenche l'inscription au Registre National public (volumes, leviers, financeurs), ce qui protège les acheteurs.
▶ Règle : l’absence de réponse de l'administration au-delà de ce délai de 2 mois vaut décision officielle d'acceptation du projet.
🟢 Gestion des aléas : tout événement climatique (gel, sécheresse) ou évolution de la surface s'enregistre officiellement dans le rapport de suivi.
▶ Si projet collectif : le mandataire centralise les données. Un audit intermédiaire du groupe s'organise obligatoirement vers l'année 3 pour valider les processus.
🟢 Validation : le préfet signe l'acte de reconnaissance. Les crédits deviennent infalsifiables et prêts à être soldés avec le financeur.
▶ Échantillonnage : la formule 0,5 × √n s'applique aux collectifs (ex. : 5 fermes auditées sur 100, avec un minimum de 5).
▶ Cas du miscanthus : photo aérienne ou rapport d'expert exigé en année 5.
« L'année blanche» : l’option du LBC pour faciliter votre lancement
Si vous avez besoin de délai supplémentaire pour finaliser vos diagnostics carbone avec un outil certifié ou pour rassembler des justificatifs parfois difficiles à obtenir (notamment en cas de reprise d'exploitation), vous pouvez activer l’année blanche.
Ce dispositif facultatif consiste à insérer une année culturale complète (du 1er septembre au 31 août) entre vos 3 années de référence et le début effectif de votre engagement de 5 ans. Elle permet de « geler » votre situation de départ tout en décalant le démarrage officiel de la comptabilisation des gains, ce qui vous donne le temps nécessaire pour constituer un dossier technique solide sans perdre le bénéfice de vos historiques de pratiques.
➡️ Ce qu'il faut retenir sur l'année blanche :
- Absence de crédits : les changements de pratiques mis en œuvre durant cette année de transition ne sont ni comptabilisés, ni rémunérés en crédits carbone.
- Suivi obligatoire : bien que les gains ne soient pas calculés, l'exploitant doit assurer un suivi simplifié des pratiques durant cette période pour prouver l'absence de dérives ou de transferts d'impact (par exemple, une augmentation massive de la fertilisation juste avant le projet).
- Temporalité : l'année blanche doit se situer avant la date de début de comptabilisation officielle des réductions d'émissions.
- Valorisation : elle est particulièrement utile pour intégrer des diagnostics déjà réalisés, sans décalage avec les années de référence.
- Projets collectifs : elle peut faciliter l'harmonisation des dates de début pour les agriculteurs rejoignant un groupe après sa notification initiale.

FAQ sur le Label Bas Carbone
Un projet Label Bas-Carbone en grandes cultures permet d'espérer en moyenne 1,27 t CO2 eq. /ha/an. Cette performance repose principalement sur la séquestration du carbone dans le sol, qui représente environ 1,14 t CO2 eq. /ha/an, tandis que la réduction des émissions (engrais, carburants) contribue pour 0,13 t CO2 eq. /ha/an.
Les résultats varient selon les leviers : le miscanthus peut stocker jusqu'à 2,03 t CO2 eq. /ha/an, et les légumineuses évitent 0,5 à 0,7 t CO2 eq. /ha/an. L’impact final dépend toutefois du contexte pédoclimatique et de la précision des données utilisées pour le calcul.
Oui, le cumul est possible avec des primes privées comme le bonus OleoZE ou des aides publiques, notamment les MAEC de la PAC. Pour valider ce cumul, vous devez prouver l’additionnalité économique du projet en démontrant que ces financements ne couvrent pas l’intégralité des surcoûts ou pertes de marge.
Cette preuve s'établit par la méthode des budgets partiels réalisée avec un outil certifié. À défaut de justification, un rabais systématique de 20 % est appliqué sur les crédits carbone des leviers déjà aidés. Enfin, les aides du premier pilier de la PAC ne sont pas prises en compte dans cette évaluation de l’additionnalité.
La transaction des crédits carbone s’opère sur le marché volontaire, par une négociation de gré à gré. Le prix moyen constaté est de 35 €/t CO2, mais les certificats agricoles atteignent souvent 40 à 60 €.
Pour obtenir un prix supérieur, vous devrez valoriser vos co-bénéfices (biodiversité, dynamique locale), critères de sélection importants pour les entreprises mécènes. Le préfinancement est contractuellement possible dès la labellisation, sur la base du diagnostic initial. Il permet de couvrir vos investissements de transition avant la reconnaissance officielle des réductions d'émissions finales par l'État en année 5.
La rentabilité de votre projet Label Bas-Carbone repose sur 3 leviers :
- Maximiser les crédits : privilégiez une référence spécifique (données réelles des 3 dernières campagnes) pour éviter le rabais automatique de 10 % du scénario générique. En s'appuyant sur l'historique de votre logiciel Geofolia, la plateforme Carbon Diag d'ISAGRI calcule vos indicateurs agroenvironnementaux réels sans risque d'erreur. Les analyses de sol et données météo locales obtenues à l’aide de ces OAD permettent également de supprimer jusqu'à 5 % de décote liée à l’incertitude des calculs.
- Mutualiser les coûts : rejoindre un projet collectif réduit drastiquement les frais d’audit final grâce à la règle de l’échantillonnage.
- Valoriser la tonne : mettez en avant vos co-bénéfices (biodiversité, eau) pour négocier un prix premium (souvent 40 à 60 €) auprès de mécènes. Enfin, visez le renouvellement après 5 ans pour annuler le rabais de non-permanence de 20 % sur le stockage.
Il est possible d'ajuster la surface engagée durant les 5 ans du projet. En cas d'agrandissement, les nouvelles parcelles peuvent être intégrées si elles respectent les critères d’éligibilité. Vous devrez justifier ce changement via vos documents TelePAC et utiliser un outil doté d’un module de suivi.
Si la surface est équivalente à un système existant, ses références sont appliquées. Sinon, un nouveau scénario spécifique est calculé. En cas de réduction, le bilan carbone est simplement actualisé sur les surfaces restantes.
Oui, la transmission de votre projet est possible lors d'un départ à la retraite. Pour assurer la continuité, votre successeur doit signer un nouveau document d’engagement et un nouveau mandat.
Il s’engage ainsi à maintenir les pratiques prévues et doit impérativement récupérer l’intégralité des justificatifs historiques pour l’audit final.
Si le périmètre de l'exploitation évolue lors de la reprise, les nouvelles surfaces peuvent être intégrées au projet existant. En l'absence de reprise par le successeur, un audit anticipé est déclenché pour valider et rémunérer les gains générés jusqu'à la date de votre arrêt.
L’audit final est à la charge du porteur de projet ou du mandataire. Son coût constitue une charge de transaction estimée entre 1 125 € et 4 000 € par exploitation pour l'ensemble de la démarche de labellisation, ce qui inclut les diagnostics techniques et l'intervention de l'auditeur externe.
Dans le cadre d'un projet collectif, ce montant est drastiquement réduit grâce à la mutualisation des frais et à la règle de l’échantillonnage. L’auditeur ne contrôle physiquement qu’une partie du groupe (0,5 × √n), ce qui permet de diviser la facture par participant. La vérification doit impérativement être réalisée par un organisme indépendant et accrédité par le COFRAC.
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