Coût de production et de revient du vin : calcul détaillé pour 2026
Sommaire
Sécurisez la rentabilité de votre exploitation
Découvrez une méthode claire pour calculer le coût de production de vos vins et identifier vos marges de progrès.
Savez-vous combien vous coûte réellement une bouteille de vin ou votre vin en vrac au moment d’en fixer le prix de vente ? Trop nombreux sont les viticulteurs à ne pas s’intéresser à cette question pourtant capitale. Voici une méthode claire pour calculer votre coût de revient et fixer un prix cohérent avec votre réalité économique.
Connaissez enfin votre vrai coût de revient
Ce guide vous aide à calculer vos coûts réels pour fixer vos prix sans vendre à perte.
Pourquoi connaître son coût de revient est important pour un domaine viticole ?
Impact sur la rentabilité et la fixation des prix
Sans repère chiffré solide, fixer un prix de vente pour vos produits revient à naviguer sans boussole. Votre coût de revient vin permet de déterminer le prix plancher, c’est-à-dire le prix en dessous duquel vous ne pouvez pas déroger, sous peine de détruire la valeur économique créée en amont. C’est la base d’une bonne gestion technico-économique de votre entreprise vitivinicole.
Une fois ce socle défini, vous pouvez fixer sereinement vos prix, comparer vos performances d’une année sur l’autre ou les mettre en parallèle avec d’autres domaines. Vous pouvez aussi piloter plus finement selon vos marchés cibles (vente directe, CHR, export)...
Connaître son coût, c’est piloter son entreprise viticole avec précision, pas à l’instinct.
Risques de sous-évaluation
Quand les coûts de production et le coût de revient sont sous-évalués, vous risquez de fixer un tarif trop bas pour vos produits. C’est l’un des pièges les plus fréquents. Cela arrive notamment quand un vigneron détermine le prix de ses bouteilles en fonction des prix de « marché » et non en fonction des coûts réels supportés par sa structure.
D’autres facteurs peuvent contribuer à une sous-évaluation, comme un oubli des charges de structure (assurances, bâtiments, amortissements) ou la non-valorisation du temps de travail du chef d’exploitation.
Des prix trop bas, des marges insuffisantes entraînent à terme une fragilité économique pouvant mettre l’exploitation en danger.
Les composantes du coût de revient
Coût de production vs coût complet : quelles différences ?
Les termes coût de production, coût de revient ou bien encore coût complet sont souvent confondus.
Rappel :
- Le coût de production prend en compte toutes les dépenses ou charges nécessaires pour produire le vin jusqu’à la cuve (vigne + vinification).
- Le coût de revient comprend tout ce que coûte la bouteille de vin, du raisin jusqu’à sa vente. On parle parfois de prix de revient, c’est le coût final par bouteille. On y inclut les coûts de production du raisin (la vigne), de la vinification, de l’élevage, du conditionnement, de la commercialisation ainsi que certains coûts administratifs. Si vous vendez votre vin en vrac, votre coût de revient aura un périmètre plus restreint et sera plus simple à calculer.
- Le coût complet est le coût de revient auquel on ajoute les charges de structure (assurances, amortissements, bâtiments, électricité, véhicules, logiciel, etc.). Il recouvre toutes les charges fixes et variables du vignoble.
En résumé, coût de production < coût de revient < coût complet, chacun intégrant progressivement plus de charges pour une vision économique de plus en plus globale et juste.
Charges directes : intrants, main-d’œuvre, mécanisation
Les charges directes sont celles que l’on peut attribuer sans ambiguïté à une opération précise : produits phytosanitaires, engrais, amendements, carburant, entretien du matériel, main-d’œuvre au vignoble et au chai, fournitures œnologiques, bouteilles, bouchons, cartons…
Les charges directes varient selon les volumes : plus vous produisez, plus elles augmentent.
Charges indirectes : amortissements, énergie, structure
Les charges indirectes (ou charges de structure) correspondent aux moyens nécessaires pour faire tourner l’exploitation : amortissements du matériel et des bâtiments, charges énergétiques (électricité, eau du chai), assurances, comptabilité, gestion, secrétariat, véhicules, informatique…
Les charges indirectes peuvent être réparties entre les grandes étapes du cycle de production jusqu’au produit final, la bouteille : production du raisin (vigne), vinification, élevage, conditionnement, commercialisation.
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Méthode pas-à-pas pour calculer votre coût – Exemple chiffré
Étape 1 : collecte des données par étape
La méthode la plus simple consiste à découper le cycle d’élaboration du vin en quatre grandes étapes. Cette méthode est adoptée dans de nombreux référentiels régionaux.
Les principales données à collecter pour calculer son coût complet :
Certaines charges variables (ou charges de structure) devront être réparties entre ces grandes étapes.
Étape 2 : calcul du coût complet en incluant les charges de structure
Voici les différents calculs à faire pour arriver à votre coût complet. Attention à bien intégrer vos charges variables (ou charges de structure). L’idéal est de répartir vos charges de structure à chacune des étapes, du raisin à la bouteille (vigne, vinification, conditionnement, commercialisation).
- Coût de production = coûts de production vigne + vinification (vin en cuve)
- Coût de revient = coût de production vigne + vinification + coût de conditionnement + coût de commercialisation
- Coût complet = coût de revient + charges de structure
Étape 3 : fixation du prix et de la marge souhaitée
Une fois votre coût complet calculé, vous pouvez définir un prix de vente minimum, à partir duquel vous estimerez votre marge.
- Marge brute = prix de vente – coût de revient
- Marge nette = prix de vente – coût complet (charges de structure incluses)
- Marge économique = prix de vente + aides– coût complet
C’est cette dernière qui reflète votre capacité réelle à dégager un revenu.
Comment évaluer le coût à la bouteille ? €/ha ➜ €/hl ➜€/bouteille ?
Pour passer d’un coût exprimé en €/ha (souvent utilisé dans les référentiels viticoles) à un coût par bouteille de 75 cl, voici la formule :
Coût €/bouteille = (Coût €/ha) ÷ (Rendement en litres/ ha/ 0,75)
Exemple : Coût de production de la vigne = 12 000 €/ha, Rendement = 45 hl/ ha = 4 500 l/ha
4 500 l = 6 000 bouteilles environ (4 500 / 0,75)
12 000 € / 6 000 = 2,00 € / bouteille
Exemple
Domaine de 20 hectares en Bordeaux rouge de 5 000 pieds par ha (2 mètres) Bassin Graves /Médoc
Ce tableau présente les coûts détaillés par étape. On y retrouve notamment le coût vin en vrac vs embouteillé, essentiel pour arbitrer ses débouchés.
Source : Chambre d’Agriculture de la Gironde (2024). Référentiel Économique du Vigneron Bordelais 2024. Document de référence technique et économique du vignoble bordelais.
Optimiser les postes de dépense sans rogner sur la qualité
Réduction des coûts de mécanisation
La mécanisation est l’un des postes les plus lourds dans les exploitations viticoles. Plusieurs leviers peuvent être étudiés pour réduire vos coûts : mutualisation via une Cuma, achat groupé d’outils, externalisation ponctuelle (travail du sol, rognage), entretien préventif pour prolonger la durée de vie du parc matériel…
Gestion fine de la main-d’œuvre
Une meilleure organisation permet de lisser les pics de travail, d’anticiper les besoins via la planification, d’éviter les heures supplémentaires non maîtrisées, de mesurer le temps réel passé par opération. Attention aussi à bien valoriser votre temps de travail pour obtenir un coût complet réaliste.
Choix du packaging : bouteille, bouchon, étiquette
Des choix judicieux permettent une optimisation du conditionnement du vin, sans nuire à l’image du domaine. Privilégiez les bouteilles allégées pour réduire transport et manutention, optez pour l'achat groupé, adaptez le bouchon au type de vin (technique pour les vins jeunes, liège pour la garde), simplifiez vos étiquettes.
FAQ – Vos questions fréquentes
Faut-il intégrer la TVA dans le coût complet ?
Non, la TVA ne doit pas être intégrée dans le calcul du coût complet. Raisonnez toujours HT pour vos coûts, la TVA est un flux financier à part qui transite par votre comptabilité sans affecter votre rentabilité réelle.
Comment intégrer le coût du stock en élevage long ?
Dans le cas des vins élevés plusieurs mois ou années, les charges de structure du chai s’allongent, les coûts financiers (immobilisation de trésorerie) doivent être ajoutés et l’amortissement du matériel est réparti sur l’ensemble du volume stocké.
Quelle différence entre coût de revient et prix de vente TTC ?
Le coût de revient est tout ce que coûte la bouteille jusqu’à sa vente (sans les charges de structure).
Le Prix de vente TTC est ce que paie réellement votre client final pour acquérir votre bouteille. Il se compose du prix de vente HT et de la TVA. L’écart entre le prix de vente et le prix de revient est la marge brute.
Conclusion : connaître ses coûts de production pour savoir où l’on est et où l’on va
La profession viticole et vinicole vit actuellement des mutations profondes sur fond de crise viticole et de déconsommation des vins. Ces incertitudes peu maîtrisables rendent encore plus importante la connaissance de vos coûts de production, coût de revient ou coût complet pour vos vins en bouteille ou en vrac. Cette démarche est capitale pour ajuster ses prix, piloter ses marges et sécuriser son modèle économique. Il en va de la pérennité et de la compétitivité de votre entreprise viticole.
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