L’irrigation par aspersion est une technique d’irrigation largement utilisée en agriculture. En France, cette méthode était employée sur 87 % des surfaces irrigables en 2020. Elle permet une distribution homogène et contrôlée de l’eau grâce à des systèmes d’arrosage spécifiques.
Cette technique est particulièrement prisée des agriculteurs en raison de son ratio coût / efficience et de son adaptation à de nombreuses situations. Ce guide vous offre un aperçu complet de cette technique : ses bases, ses avantages, les cultures ciblées, les stratégies ainsi que le matériel nécessaire.
L’irrigation, qu’elle soit par aspersion ou micro-aspersion, est une méthode consistant à projeter de l’eau sous forme de fines gouttelettes pour simuler la pluie naturelle. Ce processus est rendu possible grâce à un système d’arrosage composé de plusieurs éléments :
À condition d’être correctement entretenu et bien réglé, un système d’irrigation par aspersion offre une répartition uniforme de l’eau, ce qui garantit que les plantes reçoivent la quantité nécessaire pour leur croissance.
Cette stratégie d’irrigation s’adapte aussi bien aux grandes cultures qu’aux espaces plus restreints, grâce à sa flexibilité et aux divers types de systèmes fixes et mobiles disponibles :
Tout d’abord, cette méthode offre une distribution homogène de l’eau sur l’ensemble de la culture, quelle que soit sa superficie. Cela permet d’assurer une croissance optimale et régulière des plantes.
Un autre avantage réside dans la possibilité d’automatisation. Les agriculteurs peuvent programmer les systèmes d’aspersion et obtenir un suivi via leur smartphone pour irriguer à des moments précis, comme tôt le matin ou tard le soir, afin de réduire l’évaporation et optimiser l’usage de l’eau.
De plus, cette technique s’adapte facilement aux différents types de sols et climats, ce qui en fait une solution universelle pour de nombreuses exploitations agricoles. Elle peut aussi servir à appliquer des fertilisants ou des produits phytosanitaires. Cela rend ces traitements plus efficaces et plus ciblés, tout en économisant sur la main-d’œuvre.
L'irrigation par aspersion est une méthode largement utilisée en France( ). En 2020, 87 % des surfaces irrigables, c’est-à-dire celles qui comprennent un système d’irrigation, étaient concernées. Toutefois, deux autres méthodes sont couramment utilisées : la micro-irrigation (goutte-à-goutte) et l’irrigation gravitaire.
La micro-irrigation est principalement utilisée en arboriculture et en maraîchage. Cette méthode a connu une croissance rapide en France, avec une augmentation de plus de 120 %, passant de 109 500 hectares en 2010 à 241 000 hectares en 2020. Elle repose sur un système de distribution d’eau à basse pression directement au niveau des racines, via des goutteurs ou des tuyaux perforés.
On trouve également l’irrigation gravitaire, méthode traditionnelle, qui représente 4 % des surfaces irrigables hors zones de montagne et jusqu’à 12 % dans ces dernières. Ce système, adapté aux terrains en pente, repose sur l’écoulement naturel de l’eau via des petits canaux pour irriguer les champs. Entre 2010 et 2020, sa superficie a progressé de 42 %, passant de 90 500 à 129 000 hectares.
Les systèmes d’irrigation par aspersion peuvent être regroupés en deux familles :
La micro-aspersion est une méthode d’irrigation à basse pression qui génère une pluie extrêmement fine, semblable à une brume légère. Cette technique est particulièrement adaptée aux plantes fragiles et aux cultures nécessitant une hydratation précise, comme l’horticulture, la viticulture ou les vergers (Moyenne d’efficience : 70 à 95 %).
Contrairement à l’arrosage classique, elle utilise des micros-arroseurs, conçus pour distribuer de petites quantités d’eau de manière douce et ciblée. On peut au choix cibler la couverture intégrale de la culture, ou bien irriguer uniquement la zone racinaire, selon le besoin. Le micro-arrosage est aussi intéressant pour la protection des bourgeons contre le gel. Le risque de ruissellement et de formation de croûte est quant à lui quasi inexistant.
La micro-aspersion est particulièrement adaptée pour des cultures sensibles, économes en eau ou sur des surfaces restreintes. En revanche, pour des cultures extensives ou des terrains nécessitant une couverture homogène, l’arrosage classique reste la meilleure option. Dans les deux cas, l’automatisation peut améliorer leur efficacité et réduire la main-d’œuvre nécessaire.
Avant même de choisir le matériel d’irrigation, la réalisation d’un forage pour puiser la ressource dans une nappe phréatique sera probablement la première étape, si vous ne passez pas par un fournisseur ou ne disposez pas d’une source en surface :
Cœur du système, la pompe doit assurer un débit constant et une pression suffisante pour alimenter le réseau, des conduites principales jusqu’aux asperseurs. Votre choix dépend de plusieurs paramètres : la profondeur du forage, le débit nécessaire, la pression requise, ainsi que la source d’énergie disponible (électrique, thermique).
Voici également un tableau comparatif des sources d’énergie pour les moteurs de pompes:
Les conduites acheminent l’eau depuis la source jusqu’aux asperseurs, buses et brumisateurs. Elles doivent répondre à des exigences de pression, de durabilité et de compatibilité avec les équipements. Les deux principaux matériaux utilisés sont le PVC et le polyéthylène (PE), mais on trouve également l’aluminium, le PVC non plastifié, la fibre de verre, l’acier et le fibrociment.
Voici un tableau comparatif des principaux types de conduites.
Toute conception de circuit d’irrigation comprend aussi des raccords pour connecter les conduites tout en assurant une étanchéité fiable. Ils peuvent être en aluminium ou en polypropylène, internes ou externes, avec loquets ou avec bagues cannelées.
Les raccords à bouton et loquet (simple ou double) sont simple d’utilisation. Lorsque la pompe est arrêtée, l’eau s’échappe naturellement des conduites en raison de la conception des joints d’étanchéité. Cela facilite grandement le démontage et le déplacement des conduites, ce qui rend ces raccords idéaux pour les systèmes mobiles ou nécessitant des ajustements fréquents.
Les raccords à rotule sphérique, quant à eux, sont conçus pour maintenir une étanchéité parfaite, même lorsque les conduites suivent un trajet légèrement incurvé. Contrairement au modèle précédent, ces raccords maintiennent les conduites pressurisées après l’arrêt de la pompe. Cette caractéristique peut rendre le déplacement des sections plus difficile, mais les modèles récents intègrent un mécanisme permettant de briser l’étanchéité et de laisser l’eau s’échapper, ce qui simplifie leur manipulation. Ces raccords sont adaptés aux systèmes fixes ou semi-permanents où la durabilité et la performance à long terme sont prioritaires.
Les asperseurs assurent une répartition uniforme de l’eau sur les plantes. Leur efficacité dépend largement des matériaux utilisés et des caractéristiques techniques de chaque modèle. Les matériaux couramment utilisés sont :
Le choix du modèle dépendra des critères qui s’appliquent à l’exploitation :
Voici un tableau comparatif des principaux modèles pour l’agriculture :
Les vannes, qu’elles soient manuelles ou commandées, contrôlent avec précision le débit, la pression et la direction de l'eau. Leur conception technique va de la simple ouverture/fermeture à des régulations sophistiquées selon les besoins.
Parmi les différents types de vannes manuelles, on trouve :
On trouve également les vannes de commande, qui utilisent un vérin ou un diaphragme pour ouvrir ou fermer le passage de l’eau. Ce contrôle est souvent activé par une source externe, telle qu’un courant électrique (électrovanne) ou une variation de pression hydraulique (vanne hydraulique). Les différents types de vannes de commande sont :
Enfin, on trouve tout une gamme d’accessoires associés aux vannes :
En fonction des sources d’eau (souterraines, surface ou recyclée), différentes impuretés peuvent contaminer le réseau d’irrigation, comme :
Ces impuretés, si elles ne sont pas filtrées, peuvent entraîner une diminution des performances du système, voire son arrêt complet. Une filtration adaptée est donc essentielle et se décline en plusieurs technologies, adaptées à différents besoins agricoles.
Il existe bien sûr de très nombreux autres équipements constituant le circuit complet d’arrosage, dont voici une liste non exhaustive :
L’installation de votre réseau d’irrigation requiert une approche méthodique pour garantir une efficacité optimale tout en minimisant les impacts sur l’environnement. Voici dans un premier temps le résumé des grandes étapes pour réussir votre installation :
La conception d'un système d'irrigation par aspersion va dépendre évidemment du type de culture. Mais la décision doit aussi se prendre en rapport avec les propriétés physiques et chimiques du sol. Les facteurs clés incluent :
L’arrosage par aspersion sera également fortement dépendant des conditions climatiques. Le vent est certainement le facteur critique dans la distribution uniforme de l'eau. En cas de vents réguliers dépassant 3,5 m/s (12,6 km/h), il est recommandé de réduire l'espacement entre les asperseurs (jusqu’à 30 % de la portée) ou d’opter pour des dispositifs anti-vent.
Il faut aussi prendre en compte les risques d’évaporation directement à partir du jet. Les pertes varient le plus souvent entre 10 et 20 %, et sont plus élevées dans le cas de la micro-aspersion que pour l’arrosage classique.
Nous l’avons vu plus haut, un système bien entretenu a une durée de vie importante, et son efficacité se voit renforcée. Pour l’entretien et la maintenance, 4 phases sont à prévoir dans l’année :
Avec toujours plus de difficulté d’accès à la ressource et la montée des tensions sur les prélèvements agricoles, l’optimisation de l’utilisation de l’eau est une priorité. Il existe heureusement plusieurs leviers pour tenter de réduire le gaspillage et améliorer l’efficience de votre système :
Aides financières européennes : Les irrigants ont la possibilité de solliciter les aides du fonds FEADER pour financer l’amélioration de leur système d’arrosage
Pour une irrigation efficace, vous aurez besoin de capteurs et de sondes afin de mesurer avec précision des paramètres essentiels (humidité du sol, besoins hydriques, pertes par évaporation), tout en visant l’efficacité des apports en eau et la réduction du gaspillage. Voici un rapide rappel des équipements existants et de leurs applications.
La sonde capacitive d'irrigation, développée par Isagri, est une technologie avancée conçue pour aider les agriculteurs à gérer l’humidité du sol de manière précise. Cette solution connectée offre un suivi en temps réel des conditions hydriques dans les parcelles pour une gestion efficace des ressources en eau.
Elle est équipée de capteurs placés à intervalles réguliers, tous les 10 cm, pour mesurer l’humidité du sol à différentes profondeurs (jusqu’à 120 cm). Cette configuration permet de suivre avec précision l’évolution de l’eau disponible pour les racines, même sur des sols complexes.
Les données collectées sont transmises en temps réel à une plateforme connectée ou via une application mobile. Vous pouvez ainsi consulter des graphiques détaillés, mettant en évidence des seuils critiques comme la capacité au champ, la réserve utile (RU) et les niveaux de stress hydrique.
Grâce à la précision des relevés, vous adaptez facilement les apports en eau en fonction des besoins réels des plantes. Cette technologie peut entraîner une économie d’eau pouvant atteindre 400 m³ par hectare, tout en garantissant un développement optimal des plantes. En plus, cette sonde est adaptée à toutes les exploitations agricoles et s’intègre facilement dans les systèmes d’irrigation par aspersion.