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Tableau de mélanges phytosanitaires : réglementation 2026

Rédigé par Adélaïde GREHAN | 21 mai 2026

Combiner désherbage et protection fongicide afin d’économiser un passage de pulvérisateur relève du bon sens paysan : moins de GNR, moins d'heures moteur, une fenêtre météo optimisée… Mais la marge d'erreur technique et réglementaire se réduit. Entre le risque de bouchage et une réglementation en constante évolution, comment sécuriser vos pratiques sans compromettre vos aides ? Cet article vous apporte des réponses concrètes et vérifiées pour la campagne 2026 : ordre d'incorporation, tableau des mélanges phytosanitaires à jour, impacts de la numérisation du registre phyto au 1er janvier 2027…

Soyez prêt pour le registre phytosanitaire numérique en 2027

Si l’optimisation des passages répond d’abord à une logique agronomique et économique, le contexte réglementaire change la donne. La Directive sur l'Utilisation Durable des Pesticides (SUD) et la PAC exigent désormais une traçabilité sans faille. Cela va se traduire par l’obligation d’un registre phytosanitaire au format numérique.

Initialement prévue pour 2026, cette obligation a été officiellement reportée au 1er janvier 2027. Ce délai, accordé par les États membres de l'Union européenne, vise à intégrer la réforme issue du règlement SAIO (Statistics on Agricultural Input and Output).

À cette échéance, le traditionnel carnet de plaine papier, les scans PDF et les photos de documents manuscrits ne répondront plus aux exigences. Votre registre devra adopter un format structuré « lisible par machine » (type .XML ou .CSV) pour faciliter l'extraction automatique des données par l'administration.

Réussir sa bouillie : l'ordre d'incorporation dans la cuve

 

 

La performance de vos traitements dépend du choix des matières actives ainsi que de la stabilité physico-chimique de la bouillie. L'ordre d'introduction des produits dans la cuve va conditionner l'homogénéité du mélange et, par conséquent, l'efficacité de l'intervention.

Afin d’assurer une dispersion optimale des formulations et préserver le potentiel de chaque substance, voici le protocole de référence à suivre, à appliquer sur un volume d'eau initial (1/3 ou moitié de cuve) avec agitation continue :

 

Tableau de compatibilité physico-chimique et biologique

Sécurisez vos interventions en distinguant bien la conformité réglementaire de la faisabilité technique. Un mélange peut être autorisé mais s’avérer désastreux pour votre matériel ou vos rendements. Avant de passer au mélange en cuve, vous voudrez donc :

  • Valider la compatibilité physico-chimique (dans la cuve) : obtenir une bouillie homogène et stable pour éviter le bouchage des filtres et buses. En cas d’association inédite, veillez à réaliser un test préalable dans un récipient transparent. Une précipitation visible à l'échelle du bocal vous évitera d'immobiliser votre pulvérisateur.

  • Vous assurer de la compatibilité biologique (sur la plante) : préserver la culture et l'efficacité du traitement en évitant les phytotoxicités (brûlures sur feuilles ou grappes), ou le fait que des matières actives s'annulent entre elles.

 


Comment vérifier l'autorisation d'un mélange extemporané ?

Votre responsabilité est engagée sur chaque hectare traité. Pour éviter la sanction ou l'accident technique, assurez-vous de vérifier ces 3 points :

 

 

Arrêté « Mélanges » : quelles sont les associations interdites ?

Le cadre légal des mélanges extemporanés (réalisés directement dans la cuve du pulvérisateur) est régi par l’arrêté du 7 avril 2010, appelé arrêté « Mélanges », remanié par l’arrêté du 12 juin 2015 pour s'aligner sur le règlement européen CLP (Classification, Labelling and Packaging).

Le principe général est simple :

« Tous les mélanges sont autorisés, sauf ceux présentant des risques toxicologiques ou environnementaux jugés critiques par l’administration. »


Pour vous, gestionnaire, la vigilance est de mise car l’utilisation d’un produit autorisé seul peut devenir interdite en mélange, ce qui engage votre responsabilité directe en cas de contrôle.

Grille CLP : les interdictions liées aux mentions H (H300, H350, H361...)

Depuis l'harmonisation du système de classement, ce ne sont plus les anciennes classes de toxicité (T, T+) qui font foi, mais les mentions de danger (H) inscrites sur l'étiquette. Ces mentions décrivent :

•    Les risques physiques
•    Les risques pour la santé
•    Les risques pour l'environnement

La réglementation actuelle interdit les mélanges selon deux niveaux de gravité :

1.    L'interdiction absolue : dès qu'un seul des produits du mélange contient une mention de danger de catégorie 1 (les plus sévères), l'association est strictement interdite.
2.    L'interdiction par cumul : pour les mentions de catégorie 2, le mélange est autorisé avec des produits neutres, mais devient interdit si vous tentez d'associer deux produits porteurs de certaines phrases de risque similaires.

Tableau des mélanges phyto autorisés / interdits (Mentions H)


 

Pour rappel :

•    1️⃣  Toxicité aiguë / CMR 1 : H300, H301, H310, H311, H330, H331, H340, H350, H350i, H360 (F / D / FD / Fd / Df), H370, H372  
•    2️⃣  CMR 2 : H341, H351, H371  
•    3️⃣  Organes cibles : H373  
•    4️⃣  Reprotoxicité / Allaitement : H361 (f / d / fd), H362

Focus abeilles : triazoles et pyréthrinoïdes

Une attention particulière doit être portée à la protection des pollinisateurs durant la période de floraison ou de production d’exsudats. L'association en cuve d'un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes avec un fongicide des familles des triazoles ou des imidazoles est strictement interdite durant ces périodes.

Si ces deux types de produits doivent être appliqués, la règle est de séparer les interventions d'au moins 24 heures, en veillant à appliquer le pyréthrinoïde en premier.

ZNT et DSPPR : le piège qui rend le mélange illégal

Les règles de distances conditionnent aussi votre droit de réaliser un mélange :

•    ZNT aquatique de 100 mètres : si un seul des produits que vous souhaitez utiliser comporte une Zone Non Traitée (ZNT) aquatique de 100 mètres ou plus, le mélange est interdit. Vous devez appliquer ce produit seul.
•    Distance riverains (DSR) : si vous mélangez par exemple un produit standard avec un produit classé CMR 1 (imposant souvent 20 mètres incompressibles), vous devez respecter ces 20 mètres pour tout le mélange.

Avec Geofolia, garantissez la conformité de vos mélanges

 

Difficile de connaître par cœur toutes les évolutions des phrases de risque (H360, ZNT…) ni d’anticiper chaque évolution réglementaire. Pourtant, en cas de contrôle ou de problème technique, c'est votre responsabilité de chef d'entreprise qui est engagée.

Pour la campagne 2026, Geofolia sécurise vos prises de décision avant même le remplissage du pulvérisateur :

•    Vérifiez la légalité de votre mélange : Saisissez votre intervention prévisionnelle dans le logiciel. Il consulte instantanément la base réglementaire officielle et vous alerte si l'association de produits est interdite par l'arrêté Mélanges.
•    Évitez les erreurs (ZNT et doses) : Le logiciel est conçu pour vous alerter avant ou pendant la saisie.
•    Préparez l'échéance de 2027 : La numérisation du registre phyto deviendra obligatoire au 1er janvier 2027. En utilisant Geofolia dès maintenant, vous êtes déjà en conformité.
•    Automatisez et gagnez du temps : Geofolia centralise l'information, ce qui vous évite les doubles saisies et facilite les échanges en cas de contrôle. Cela peut représenter un gain de temps pouvant atteindre 2 heures par mois sur la gestion administrative.

Avec Geofolia, vous restez maître de vos décisions. Le logiciel ne décide pas à votre place : il vous alerte, vous informe et vous permet d’agir en conformité, sans dépendre d’un tiers.

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