4000 à 5000 litres de lait produits en moins par hectare de maïs... c’est malheureusement possible avec un maïs ensilé et conservé dans de mauvaises conditions !
Alors, ça mérite de s’y pencher non ?
Article écrit par Stéphane SAGORIN, consultant BTPL (Bureau Technique de la Promotion Laitière).
Le stade optimum de récolte se situe bien entre 30 et 35% de MS. Le stade pâteux restant le stade optimum (lentille vitreuse sur la partie supérieure du grain). Aidez-vous des grilles de détermination de la MS au champ à partir de vos observations sur les grains, elles sont disponibles sur de nombreux sites (Arvalis, Chambres d’agriculture…) et sont très pratiques pour repérer le bon stade.
Tout se passe donc au champ : en conditions normales, après le 1er septembre, le stade évolue assez rapidement puisque le maïs prend 2 à 3 points de MS par semaine, il faut donc s’y rendre fréquemment et être vigilant !
En conditions séchantes, la difficulté supplémentaire provient des fortes disparités observées d’une parcelle de maïs à une autre, disparités souvent induites par les différences de qualité de sol.
Comme le précise Delphine, un grain pâteux avec une
goutte de lait à la base, c’est parfait !
La finesse de hachage est déterminante dans la conservation de l’ensilage.
La finesse recherchée est fonction du mode de distribution, du taux de MS du maïs et du type de ration (présence de fibres ou pas).
Les bornes et les recommandations BTPL (rations à base de maïs, pauvres en celluloses) :
Contrôle au silo du bon éclatage des grains.
Grain bien éclaté = amidon mieux digéré !
Objectif n°1 : enfermer le moins d’air possible dans le silo.
Plus le maïs fourrage est récolté vert et au bon stade (<35% MS), moins le silo tassé conserve de porosité, plus vite l'oxygène retenu dans le silo sera consommé par la respiration du végétal et l'activité microbienne : les bonnes fermentations vont alors pouvoir se dérouler sans délai. 👍
Le maïs mal conservé coûte cher !
- Baisse des valeurs alimentaires du fourrage due à l'échauffement.
- Risque de toxicité dû au développement de moisissures.
- Risque de butyriques.
Mais à plus de 35 % de MS, l’air enfermé dans le silo représente 3 à 5 litres par kilo de matière sèche. Il faut beaucoup plus de temps pour épuiser l’oxygène (3 à 5 jours). Pendant ce délai, les bonnes fermentations lactiques ne démarrent pas, par contre les levures et moisissures se multiplient. Si le silo est bien hermétique, grâce à une bâche plastique bien posée et bien protégée, leurs activités ralentissent, et le silo cesse de s’échauffer.
Attention aux buty ! Les roues des bennes et tracteurs
entrants dans le silo ne doivent pas apporter de terre !
Sinon, il faut vider devant le silo !
Mais, plus tard, en présence d’air (trou dans la bâche, front d’attaque), les dégradations reprendront de plus belle (le silo chauffe !).
Échauffement, moisissures.
2 – Odeurs d’ammoniac :
PH trop haut, bactéries coliformes.
3 – Odeurs de putréfaction :
Bactéries butyriques
4 – Taches noires :
Présence d’eau.
5 – Écoulement de jus :
Moisissures, présence d’air.
2 règles d’or pour réussir le tassement :
Avec 2 tracteurs-tasseurs en action, chez Delphine,
on a mis les moyens pour contrôler le rythme d’arrivée des remorques !
Vous avez respecté scrupuleusement les 3 premiers points ? Parfait, mais ne gâchez pas tout par une fermeture défectueuse. Cette étape est nécessaire pour chasser l’air et protéger l’ensilage de la lumière, de l’eau et des nuisibles.
Le bâchage est souvent une opération fastidieuse, pourtant le silo doit être recouvert le plus tôt possible après la fin de chantier. Une fois la bâche de bordure placée, il est préconisé de poser un sous-film (porosité de 40 microns) pour couper le lien entre l’intérieur et l’extérieur du silo. Au-dessus, vous poserez une bâche neuve de qualité protégée par une vieille bâche ou un filet acheté dans le commerce.
Les pneus doivent-être rangés tous les 2 ou 3m.
Une pratique à proscrire : jamais de terre et de fumier sur le silo (risques butyriques évident).
Le front d’attaque doit être bien chargé pour éviter l’entrée d’air au fur et à mesure de l’avancement du silo (cas de bâches flottantes au front d’attaque).
L’analyse en vert est très utile car elle permet d’anticiper les stocks de fourrages et de concentrés complémentaires à acquérir.
⚠️ La qualité de l’analyse est largement dépendante de la qualité des prélèvements et des échantillons.
Pour cela, 4 règles à respecter :
En respectant ces principes de base, nous avons pu voir qu’il est plus aisé d’obtenir la production laitière attendue.
En lui offrant du bon fourrage bien stabilisé, la vache saura être reconnaissante !
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